Debussy-Demus-Franck - Critique

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Opus haute définition e-magazine -  II / 2011

Inspiré, ce SACD aux trois Sonates pour violon et piano l’est assurément. L’ouverture du programme est confiée à la Sonate sylvestre Op.48 du célèbre pianiste Jörg Demus, dédiée au violoniste du présent enregistrement. En cinq mouvements, l’œuvre est une merveille d’éloquence et d’expressivité. Vient ensuite la Sonate en sol mineur de Claude Debussy datant de 1917. Cette dernière, dans tout les sens du terme est une œuvre « douloureuse » que le compositeur français, en proie à la maladie, eut beaucoup de mal à terminer. Cependant, comme le souligne Harry Halbreich, « Par l’harmonieuse fusion des deux instruments, Debussy égale les réussites miraculeuses de Mozart ou de Brahms de la Sonate en sol ». La célébrissime Sonate en la majeur de César Franck est le chef-d’œuvre que l’on sait. Dédiée au violoniste Eugène Ysaye, elle fut créée en 1886, trois ans avant la mort du compositeur. Et Proust s’en fit même l’écho, semble
t-il, dans « Du côté de chez Swann » : « Cette fois, Swann avait distingué nettement une phrase s’élevant pendant quelques instants au-dessus des ondes sonores. Elle lui avait proposé aussitôt des voluptés particulières dont il n’avait jamais eu l’idée avant de l’entendre, dont il sentait que rien d’autre qu’elle ne pourrait les lui faire connaître, et il avait éprouvé pour elle comme un amour inconnu… ». L’entente, voire l’osmose entre le piano de Jörg Demus et le violon de Thomas Albertus Imberger est admirable de souffle et de vie, tout au long d’un discours musical à la fois chaleureux et profond. Une belle réussite, dans une prise de son en harmonie avec l’interprétation.

Jean-Jacques Millo